Dans la salle de bain·Transition douce

Dédramatiser la fabrication des cosmétiques à la maison

Face à la fabrication de cosmétiques de bases à la maison on passe par plusieurs étapes : de très loin ça parait ultra compliqué parce qu’on a en tête les procédés industriels avec tout un tas d’ingrédients et de matériel. Et puis on se penche sur la question et en on dit que finalement ce n’est qu’une recette à suivre, ce n’est pas plus compliqué que la cuisine (je vous l’assure, c’est simple !). Enfin à la chose près que la liste des ingrédients, c’est l’équivalent d’une langue étrangère, effet démultiplié pour une personne non scientifique non-matheuse. Une fois passé le court moment de panique déclenché au troisième pourcentage de la liste d’ingrédient qui en comprend dix, un certain tensioactifs non-ionique effet moussant (mais pas trop), biodégradable et pas très agressif mais pas 100% naturel*, on se reprend : si d’autres y arrivent, aucune raison de ne pas y arriver non plus. On reprend la lecture de la recette qui précise que le temps de séchage du shampoing est de 48h. Eh zut, j’ai les cheveux sales, je voulais les laver demain matin avec mon tout nouveau shampoing fait main dont je ne possède pas encore la moitié des ingrédients.

Et là, le moment le plus compliqué est arrivé : celui ou il faut repousser le sentiment tout à fait naturel qui a pour effet de vous faire courir au supermarché vers votre shampoing/savon/crème de jour/ n’importe lequel de vos produits habituels, un produit bien industriel et emballé dans une jolie bouteille en plastique, et qui sent bon et qui est tout prêt. On verra à la fin de cette bouteille-là, promis je m’y mettrais, se dit-on pour faire face au deuxième sentiment qui pourrait arriver : la culpabilité.

Que celui qui n’a jamais connu ces différentes étapes jette la première bouteille en plastique.

Le début de l’aventure du cosmétique maison

Pour éviter de faire cette fameuse crise de panique, il faut commencer par la fabrication de produits basiques, avec des manipulations assez simples. Un bon moyen pour se lancer est de participer à des ateliers DIY, ou alors acheter un kit tout en un, sinon appeler à la rescousse la personne de son cercle qui s’est déjà lancé dans l’expérience, ou l’instagrameuse qui vous fait rêver (n’hésitez pas, je suis dispo ‼). Cette personne (responsable d’atelier, copine ou autre) ne connait pas tout, certes, mais elle sera tout de même en capacité de vous parler de son expérience personnelle, des connaissances qu’elle a accumulées, des déboires qu’elle a eus (et qu’elle aura à cœur de vous faire éviter), et des astuces qui vous sauveront peut-être la vie. Par exemple, un shampoing solide doit vraiment sécher avant la première utilisation, le temps idéale c’est 48h, sinon vous risquez d’avoir une pâte informe dans les mains qui vous coule entre les doigts sous la douche.

Après ce partage d’expérience, il est temps de se faire ses propres connaissances. Il faut cibler les besoins et les envies, et surtout faire petit à petit. Ici aussi, la transition se faire en douceur. Il n’est pas question de se fabriquer dès la première fois tous les produits de la salle de bain en un coup en une après-midi. Enfin si vous y arrivez c’est génial et tant mieux. Mais faire au fur et à mesure parait tout de même plus léger.

Il y a des produits beaucoup plus simples que d’autres, certains ne demandent que très peut de fabrication et d’ingrédients et qui sont vraiment agréables pour commencer. Par exemple se faire un mélange d’huiles végétales pour hydrater la peau ou les cheveux : mettre quelques huiles dans un flacon et mélanger, c’est assez simple au niveau manipulation et permet de tester l’efficacité de certaines huiles sur soi. On peut aussi, pour commencer à changer ses habitudes, remplacer les produits habituels par des produits brutes qui peuvent s’utiliser sans transformations, et il y en a beaucoup : le beurre de karité, l’huile de coco, d’argan, d’avocat…

Commencer par des produits qu’on aime utiliser ou pour lesquels on ne trouve pas de solution dans le commerce peut aussi motiver. A tout hasard, bizarrement, je n’ai toujours pas fait mon produit vaisselle, qui est pourtant simple à faire et utiliser, parce que soyons honnêtes, la vaisselle c’est nul. Alors que la crème qui sent bon pour le retour de plage, elle était prête bien avant de partir en vacances. Il faut s’amuser avec les produits qu’on fabrique et surtout être fier de prendre le temps de le faire, car c’est aussi prendre le temps de faire quelque chose pour soit. Et ça fait beaucoup de bien.

Les avantages du fait-maison en cosmétique

Oui, faire ses produits soi-même présente de nombreux avantages.

Un des avantages les plus appréciables c’est que l’on se fait des produits sur mesure, qui ont les bons effets et des ingrédients que l’on choisit, on connait la composition et elle est adaptée nos besoins, on évite les superflus. Ce choix dans les produits permet aussi d’adapter le coût.

En parlant d’ingrédients et de coûts, un autre avantage vraiment intéressant : on dépense moins. Le placard se remplit au fur et à mesure des formules que l’on prépare, un peu comme celui des épices dans la cuisine, on n’a pas besoin de tout acheter d’un coup. La plupart des ingrédients peuvent être utilisés dans plusieurs formules. Avec le temps, le placard devient une vraie mine d’or et on peut fabriquer de nouveaux produits sans (ou presque) avoir besoin d’acheter de nouveaux ingrédients. On peut envisager la chose de deux manières : certes les ingrédients coûtent un peu plus chers mais au final ils durent longtemps et servent dans de nombreuses préparations, donc si on regarde le coût de la préparation seule il n’est pas élevé. Par exemple, ce fameux tensioactif (je vous reparlerai du traumatisme des tensioactifs plus tard, le souvenir est encore trop vif), en pot de 500g, m’a couté 9,90 euros. Certes sur le coup c’est cher. Mais pour un shampoing solide, j’en utilise entre 40 et 50 grammes. J’ai donc de quoi faire une bonne dizaine de shampoing solide avec. Le coût moyen d’un shampoing solide fait maison (quand on a ajouté les autres ingrédients) est de 2 à 3 euros. Dans le commerce, le moins cher que j’ai trouvé, c’est 6,50 euros. L’avantage économique est donc bien réel.

Et les inconvénients ?

Oui, il y en a c’est comme pour… tout en fait !

Les deux principaux sont le temps et l’organisation, surtout au début. Quand on commence, faut faire les courses, prendre le temps de la fabrication, déchiffrer les recettes, s’habituer au tour de main… Tout un programme.

Le mieux pour vaincre ces inconvénients c’est l’organisation. Prendre le temps de définir son besoin, choisir les ingrédients que l’on souhaite, savoir ou peut les trouver, prévoir un moment pour les courses, fabriquer ses produits à l’avance pour pas tomber en panne (et ne pas être tenté de filer au supermarché), respirer, profiter, et être fier de soi !

En ce qui concerne la composition du produit, c’est comme pour ceux que l’on achète dans le commerce : parfois elle nous convient, et parfois, on a beau avoir tout étudier, la peau reste trop sèche avec cette petite crème ou les cheveux ne sont pas propres avec ce nouveau shampoing. Pas de panique, on donne le restant du produit à une personne pour qu’elle essaie et avoir son retour, on demande des conseils pour étudier à nouveau la formule, on modifie le produit s’il peut l’être pour ne pas gâcher (on ne peut pas toujours rajouter des ingrédients à l’infini ou remélanger le produit à un autre, attention !) et on recommence pour trouver la formule idéale qui nous rendra trop fier !

Pour résumer 

  • Commencer par des choses simples, des formules basiques qui ne demandes pas trop de manipulations ni trop d’ingrédients.
  • Ne pas paniquer face aux ingrédients et aux techniques, les connaissances et les réserves s’accumulent avec le temps. Bientôt vous serez incollables !
  • Demander des conseils et partager les expériences et les connaissances.
  • Ne pas hésiter à se lancer à plusieurs pour s’encourager. Les fous rires sont garantis quand vous obtiendrez une couleur ou une odeur douteuse 

Je le sais, je soigne le mal par le mal, un drame par un autre : la longueur de cet article est un drame. Mais vous êtes arrivés au bout, alors merci beaucoup ! J’espère que vous avez à présent moins peur de vous lancer dans la fabrication de cosmétique ! Je vous partagerai bientôt d’autres conseils, notamment pour débuter, et quelques-unes de mes recettes, car ça y est, enfin je peux dire que j’ai des recettes fétiches !

*Ce tensioactifs existe bien, si j’ai bien tout compris c’est le SLSA. Mais voyez, cette histoire de tensioactifs n’est pas encore très limpide pour moi.

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